Problématique
Qu’est-ce qui fait qu’une personne peut en arriver à penser au suicide ?
Dans ce qui suit, nous espérons vous aider à mieux comprendre la problématique du suicide. Comme c’est une problématique complexe et que chaque situation est unique, nous sommes conscients que cela ne répondra pas entièrement à vos questions. Si vous avez besoin d’aide pour vous-même ou si vous êtes inquiet pour un proche, n’hésitez pas à nous contacter au 1-866-APPELLE (277-3553).
Tout le monde est confronté un jour ou l’autre à la souffrance. En effet, la douleur, comme le bonheur, font partie de la vie. Cependant, en dessous de la détresse que la personne vit se cache une histoire de vie dont on doit tenir compte. Lorsque l’on parle de la problématique du suicide, il est important de retenir qu’il n'y a pas une cause qui mène au suicide, mais un ensemble complexe de facteurs associés. Ainsi, certains facteurs prédisposent une personne, la rendant plus à risque au suicide. Ces facteurs font références à l’histoire de vie de la personne comme par exemple, si elle a été touchée de près par le suicide, si elle est atteinte d’une maladie mentale ou si elle a vécu de l’abus dans son enfance. D’autres facteurs peuvent contribuer aux idées suicidaires puisqu’ils viennent accentuer le niveau de risque pouvant déjà être présent, comme dans des situations ou des problématiques difficiles qui perdurent dans le temps (ex : conflits qui persistent, abus de substances).
Bref, déjà à risque par son histoire de vie en plus de vivre des difficultés depuis un certain temps, il arrive qu’un événement survienne et déstabilise la personne déclenchant ainsi un déséquilibre. Nous appelons cela un facteur précipitant (ex : une peine d’amour, un échec). Lorsque la personne rencontre des difficultés, elle tente de passer à travers de différentes façons, par différents moyens. Ainsi, une personne qui vit des difficultés cherche constamment à trouver des solutions afin de retrouver son équilibre, de s’en sortir. Il arrive que les solutions qu’elle a trouvées fonctionnent bien et que la personne retrouve son équilibre de vie.
Dans certaines situations, ces solutions ne suffisent plus à faire diminuer sa souffrance ou bien ces solutions ne sont pas adaptées à sa situation. La personne n’arrive alors plus à gérer sa détresse. Elle a fait le tour de ses ressources personnelles et a épuisé tous les moyens qu’elle voyait à sa disposition. Dans ce cas, il arrive que la personne se sente davantage envahie par ses difficultés, par sa souffrance. Au même titre qu’une personne ayant consommé de l’alcool, la personne en détresse se retrouve elle aussi avec les facultés affaiblies par sa souffrance. Par conséquent, cette dernière l’empêche ainsi de réfléchir clairement sur sa situation. Par ailleurs, ne sachant plus comment se sortir de cette situation, elle cherche désespérément un moyen pour faire diminuer sa détresse, pour cesser de souffrir.
C’est alors que survient un signal d’alarme et qu’on voit apparaître un symptôme important : les idées suicidaires. Derrière ce symptôme, le message envoyé à la personne est qu’elle vie une détresse psychologique importante, que ses moyens pour gérer habituellement ses difficultés ne suffisent plus et qu’elle doit aller chercher de l’aide à l’extérieur. Cependant, ce signale d’alarme est souvent négligé, voir banalisé. La personne entre alors dans ce qu’on appelle le processus suicidaire.
La plupart du temps, les gens s’attardent seulement à l’élément qui a fait déclencher le processus suicidaire. Survient alors un sentiment d’incompréhension : Qu’est-ce qui fait qu’une personne vivant une rupture amoureuse ne pense pas au suicide et qu’une autre va y penser ? Trop souvent, on met de côté tous les facteurs associés et on oublie ainsi que derrière l’élément déclencheur se cache une histoire de vie importante.
Finalement, certaines personnes, autant chez les hommes que chez les femmes, vont arriver à passer à travers de nombreuses difficultés malgré leur vécu important, sans penser au suicide puisqu’ils possèdent un large éventail de solutions, arrivent à demander de l’aide et reconnaissent leurs signes de détresse et les prennent aux sérieux.
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